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Hokum Sheiks / Loukoum Chefs. Oh le bel OVNI !

30-10-2020

The Hokum Sheiks ici avec François Leruste à la contrebasse.
 The Hokum Sheiks ici avec François Leruste à la contrebasse. 

Disons-le tout de suite : pure bluegrass, certainement pas. On surfe ici sur le blues, le swing, un zeste de folk, des compositions… et le bluegrass.

Au commencement étaient les Hokum Sheiks : trio vocal à cordes (et harmonica) avec contrebasse, guitare et mandoline et les voix de Mox Gowland, Ross Mckerrell et le très regretté Peters Day. François Leruste a repris la contrebasse puis Claude Robin a rejoint le groupe en ajoutant les couleurs banjo et dobro.

Vous avez peut-être pu les entendre en direct l’an dernier puis… le confinement (et le lot de restrictions qui ont suivi) est arrivé. Il faudra donc attendre encore un peu pour de nouveaux concerts.

Mais si vous avez déjà croisé et entendu certains d’entre eux, par exemple Ross et Mox, rejoints par Alain Kempf (contrebasse) jouant à la terrasse d’un café pendant La Roche Bluegrass Festival, vous savez déjà que dynamique, humour et beaux instruments composent une set-liste carrément variée et qui balance joyeusement. Ajoutons à ça que ces gars-là aiment visiblement chanter et vous avez déjà un bon aperçu du son du groupe.

D'ailleurs, pour découvrir c’est facile. Direction leur site Internet simple et clair, à la page Listen.

Ouvrez par exemple vos oreilles à « The River » ou « High and Low ». Un son acoustique simple et sincère, comme on aime entendre quand ils sont juste devant nous, « pour de vrai ».

Mais « Hokum » ? Qu’est-ce donc ? Ross : « Un genre de spectacle vaudeville courant aux Etats Unis autour de 1900 ».
Ok. Et pourquoi « Sheiks » ? Ross : « C’est juste inspiré du nom d’un groupe qui eut son succès à l’époque, les Mississippi Sheiks ».

Le groupe, non confiné, avec Alain Kempf (contrebasse).
Le groupe, non confiné, avec Alain Kempf (contrebasse).
Les Hokums Sheiks, déconfits.
Les Hokums Sheiks, déconfits.

Puis vint le confinement.

Et s’il y a un côté positif à la chose, c’est bien d’avoir vu apparaître des associations artistiques pas forcément prévues, mais souvent bien prometteuses, et c’est le cas des Loukoum Chefs, version « web partage ».

Bon, encore un nom avec une touche d'étrange : Loukoum Chefs ? D’après Ross, c’est le nom que Pascal Ayerbe a utilisé un jour pour nommer le groupe et c’est resté.

Il faut dire que l’association est ici particulièrement heureuse, propos soutenu par quelques productions de grande finesse. J’ai particulièrement été séduit par leur version de Little Sadie. Allez-y, l’écoute vaut largement un long discours.

Vidéo : Les Loukoum Chefs, Little Sadie.

Christophe Constantin (mandoline) et Thierry Loyer (dobro) apportent leurs « pattes » avec une délicatesse fort à propos, et que vous connaissez bien si vous fréquentez le bluegrass français depuis quelque temps.

Les Loukoum Chefs continuent à s'associer à distance, notamment pour enregistrer des compositions de Mox ou Ross. « On se marre bien avec ça il faut dire » commente Ross. «  J'essaie de faire une petite video pour illustrer mes textes alambiqués pour permettre aux francophones de s'y retrouver ».

Au gré des différents titres ou sur la chaine youtube de Ross, on peut entendre  :

Ross McKerrel : chant, guitare, mandoline, charango, dessins. Christophe Constantin : Mandoline. Mox Goxwland : Harmonica, mandoline. Alain Kempf : Contrebasse et « crazy vocals ». Thierry Loyer : Dobro, banjo. Yves Savariaud : Backing vocals.

Aussi sur youtube : Ross Mckerrell.

Les Loukoum Chefs.
Les Loukoum Chefs.
Session d'nregistrement sur Cubase.
Session d'nregistrement sur Cubase.
Illustration de vidéo par Ross McKerrell.
Illustration de vidéo par Ross McKerrell.

Le petit plus : Ross dessine et crée des animations pour les vidéos.
"Depuis mon aventure sur l'île des manchots au Chili, je suis amoureux des penguins! La simplicité de leur existence me permet de dessiner rapidement des illustrations explicatives des paroles des chansons. J'aurai voulu pouvoir faire des animations plus complexes mais ça a tendance à prendre plus de temps que la musique, faute de moyens."

De son côté, musicien professionel depuis toujours, Mox a vécu en direct la renaissance du country blues des années 60. Ses projets musicaux l'ont  amené à tourner en Europe et aux Etats*Unis. Son univers musical s'inspire fortement du blues américain des années avant guerre. Une époque que les Hokum Sheiks redécouvrent à travers l'univers du bluegrass.

Article rédigé par Ti' Pierre

France-bluegrass.fr : Mox, quelle est ton histoire avec les Hokum Sheiks ?
Mox Gowland : Je viens du monde du country blues, chanteur et harmoniciste, j'ai decouvert le monde du bluegrass français par Jean-Marie Redon à la MJC de Ris-Orangis.

Jean-Marie m'a présenté à Peters Day avec qui j'ai créé 'The Hokum Sheiks'. On a proposé à Ross McKerrell de venir jouer avec nous. Après la mort de Peters, François Leruste l'a remplacé comme bassiste.

C'est trois ans aprés qu'on a intégré Claude Robin (un ami de Ris-Orangis),
puis Alain Kempf qu'on a découvert à La Roche. Entre-temps, j'avais créé une slow-Jam à la Tête des trains à Tousson, où nous avons fait la connaissance de Christophe Constantin.

France-bluegrass.fr : Ross, quel est ton lien avec la France, et le bluegrass français ?
Ross McKerrell : Pour moi, le lien avec la France remonte loin car mon grand-père est mort en Avril 1918 en France à Béthune. Mais j'y habite depuis 1982 suite à une invitation de la part d'une bien jolie fille qui habitait dans la forêt au sud de Paris ! (vidéo).

Je m'échappais d'une vie morose sans le sou dans une Grande Bretagne sous Thatcher vivant dans un quartier jamaicain de Bristol, ou je jouait dans un groupe de musique traditionelle irlandaise et un trio de jazz. J'arrivais dans une France gonflée à bloc avec un nouveau gouvernement  et plein d'opportunités à se produire dans des petites formations de blues et jazz.

Sans savoir qu'il y avait en France des musiciens dans la musique acoustique, je me mettais à la guitare électrique pendant 25 ans et j'ai seulement pris connaissance de la communauté bluegrass française il y a 6 ans.

Quel plaisir de retrouver les joies de jammer avec tous ces passionnés de la musique traditionnelle acoustique, et faire de plus en plus d'amis parmi les jeunes et moins jeunes à chaque rencontre à travers la France et l'europe.

F-B : Claude Robin, ton premier souvenir avec les Hokum Sheiks ?
Claude Robin : J'ai rejoint ce trio ( Mox, Ross et François ) il y a maintenant un peu plus de 4 ans, d'abord pour un concert à la Tête des Trains. Mox et Ross se retrouvaient en Duo, François le bassiste était absent et ils souhaitaient un troisième. J'ai donc participé à ce concert avec eux au banjo et dobro. Par la suite ils m'ont gardé et le trio est devenu un quatuor. Je me partage entre le banjo et le dobro à parts à peu près égales

C'est un grand plaisir de jouer avec eux, ces trois musiciens sont très talentueux et ont une grande culture dans pleins de styles ( country, blues, jazz, irlandais et autres ). J'apprends beaucoup à leur contact.

F-B : Christophe, qu'est-ce qui t'a séduit dans ce projet ?
Christophe Constantin : Lors du confinement d'avril, on m'a sollicité sur plusieurs projets de videos et je me suis lancé, aussi pour apprendre un peu l'utilisation des logiciels. Et j'en ai produit 18 ! On se prend au jeu pour s'occuper, mais comment refuser à des gars comme Ross et Mox ? D'autant que leurs chansons sont carrément des tubes interplanétaires !

F-B : Alain, on t'a déjà vu jouer plusieurs fois, ne serait-ce qu'à La Roche, avec Ross et Mox - Ca a commencé comment ?
Alain Kempf : J'ai rencontré Ross et Mox au workshop de La Roche il y a quelques années et on avait sympathisé. Ensuite, ils m'ont proposé de remplacer occasionnellement leur contrebassiste avec les Hokum Sheiks et on a joué en trio ou en quartet (avec Claude Robin) à La Roche (en off), mais aussi au "Sud de Paris" (cf fameuse chanson des Loukoum Chefs) et la consécration a été le Winter de l'an dernier.
C'est vraiment l'éclate de jouer avec eux et j'adore le style apparemment simple et décontracté, mais musicalement hyper-rigoureux, et ça groove du tonnerre.
Ensuite, pendant le confinement, Ross m'a proposé de faire partie de la dream-team qui est devenue les Loukoum Chefs, une proposition qui ne se refuse pas.
Je suis épaté par les compositions ou arrangements de Ross. J'interviens en début d'enregistrement pour mettre le rythme en place, et à a fin je découvre, émerveillé, les prouesses instrumentales et vocales de mes camarades.
Il n'y a plus qu'à espérer que les Loukoum Chefs se rencontrent un jour au complet "in real life"!

F-B : Thierry ?
Thierry Loyer : les Loukoum chefs réunis "dans la vraie vie", je pense que c'est la seule formule qui me referait monter sur scène. J'aime tellement mettre des sons de dobro dans cet univers musical.

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