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Rémi Dalmasso, mandoliniste, guitariste

26-06-2026

Article rédigé par Rémi Dalmasso avec Catherine Colleu

Rémi Dalmasso Herrera est né en 2005. Actuellement étudiant en alternance dans la région niçoise (L3 MIAGE à l'Université Côte d'Azur et apprenti chez PRO BTP), il se passionne pour la gestion de projets numériques et l'IA. Parallèlement à son parcours dans l'informatique, la musique a toujours été son autre grand pilier. Baigné dans le bluegrass depuis son plus jeune âge (il est le fils de Marc musicien bien connu dans le milieu Bluegrass et Country) , Rémi est multi-instrumentiste (guitare acoustique et électrique dans le style blues, rock, bluegrass et mandoline bluegrass). Il continue aujourd'hui de faire vivre cet héritage familial en jouant notamment avec le groupe Sunrise le groupe de son père .

1- Rémi, te souviens-tu de ta première rencontre avec la musique bluegrass ? 
Je baigne dedans depuis que je suis tout petit, pour ne pas dire depuis toujours ! Mon père (Marc Dalmasso) étant lui-même banjoïste, les sonorités du bluegrass ont vraiment été la bande-son de mon enfance.
2- Pourrais-tu nous raconter l'histoire de ton premier instrument ainsi que celle des instruments suivants ? 
Mon parcours musical a commencé par la voie classique : j'ai fait deux ans de piano au conservatoire. Ensuite, j'ai eu la possibilité de choisir un autre instrument et je me suis tourné vers la batterie avec un professeur particulier. Par la suite, à force d'entendre mon père jouer du banjo à la maison, j'ai fini par m'y essayer et il m'a appris les bases. La guitare a suivi assez rapidement. Enfin, il y avait chez nous une petite mandoline Ibanez (une copie Gibson à double pointe) accrochée au mur. Elle m'intriguait tellement que j'ai fini par la décrocher pour m'y mettre, en grande partie en autodidacte !
3- Tu joues sur des instruments fabriquées par des luthiers français ; comment les as tu rencontrés ? 
C'est exact. Je joue sur une mandoline et un mandola fabriqués par Jean-Marc Perrin, avec qui j'ai été mis en relation par Bernard Minari. Concernant ma guitare, c'est un instrument des frères Chatelier, qui sont également basés à Nice. J'avais pris l'habitude d'essayer leurs guitares sur leur stand au festival de Crémone. J'ai toujours su que j'en voudrais une un jour ! Pour moi, c'est très important de mettre en avant l'artisanat local, d'autant plus quand il est de cette qualité. Avoir un instrument fait main, c'est posséder une pièce unique que l'on "forge" avec le temps et avec son propre jeu.

sur scène avec son père Marc Dalmasso et François Vola
sur scène avec son père Marc Dalmasso et François Vola
Au banjo avec son père Marc Dalmasso
Au banjo avec son père Marc Dalmasso
et à la mandoline toujours avec son père
et à la mandoline toujours avec son père

4- On te voit sur des vidéos avec ton père (Marc Dalmasso banjoiste ) et ton grand père au piano, tu as baigné tout petit dans la musique. Néanmoins es tu allé dans une école de musique ? 
La transmission familiale a été essentielle, notamment avec mon grand-père qui supervisait mon enseignement du piano, mais j'ai tout de même un bagage académique. J'ai suivi les cours du conservatoire pendant environ cinq ans, où j'ai étudié le solfège, fait de la chorale et continué la pratique du piano.
5- Pour le style bluegrass comment as-tu pratiqué ton instrument au début et quelles ont été tes influences ? Étais-tu assidu et as-tu élaboré une méthode de travail personnelle ? 
Que ce soit au banjo, à la guitare ou à la mandoline, j'ai toujours commencé par apprendre des morceaux qui me plaisaient. Mon approche consistait surtout à écouter et à essayer de reproduire à l'oreille des versions entières, ou des "licks" isolés joués par des maîtres comme Sam Bush, Sierra Hull, Tony Rice ou Dan Crary. Le groupe qui m'a le plus influencé est sans doute New Grass Revival. Niveau assiduité, je ne me suis jamais imposé un rythme strict car cela ne m'a jamais pesé. L'apprentissage s'est toujours fait avec tellement de passion et de plaisir que la motivation et la régularité venaient naturellement.
6- As-tu des recommandations pour ceux et celles qui s'initient au bluegrass et souhaitent commencer à pratiquer un instrument ou chanter ? 
Pour ce qui est du chant, comme je ne chante pas, je ne peux pas vraiment donner de conseils pour l'instant ! En revanche, pour l'instrument, le meilleur conseil que je puisse donner, c'est de trouver une véritable source d'inspiration. C'est ce moteur qui permet de vouloir progresser vite sans se lasser. Je recommande de commencer par apprendre directement des morceaux que l'on aime pour garder cette motivation intacte. Ensuite, dans un second temps, il est tout de même très utile de s'intéresser à la théorie musicale pour acquérir une vraie liberté et une meilleure maîtrise de son instrument.
7- As-tu eu des rencontres marquantes qui t’ont influencé tant pour la mandoline que pour la guitare. Si oui, lesquelles et à quelle période ? 
Oui, de très belles rencontres ! Tout au long de mon apprentissage, j'ai été très entouré par les musiciens français. J'ai beaucoup appris au contact de Bernard Minari, Daniel Portales, Christophe Constantin, ou encore l’Italien Stefano Santangelo pour la mandoline, ainsi que François Vola pour la guitare. Du côté américain, j'ai eu la chance de rencontrer John Jorgenson à mes débuts, puis de croiser des pointures comme Mike Marshall et Tim O'Brien un peu plus tard. Je tiens également à mentionner tous les musiciens que j’ai pu rencontrer à travers les évènements Bluegrass en France qui ont toujours été présents.

Rémi à la guitare électrique
Rémi à la guitare électrique
Rémi en concert avec Marc Dalmasso, Francois Vola et Laurent Paris
Rémi en concert avec Marc Dalmasso, Francois Vola et Laurent Paris

8- Peux-tu nous parler de tes  groupes actuels (tous styles ) ? 
Actuellement, je joue avec Sunrise, le groupe fondé par mon père qui existe depuis les années 80, ce qui représente une belle continuité. De temps en temps, il nous arrive aussi de jouer en formation quatuor avec François Vola, Laurent Paris et Marc Dalmasso. J'avais un projet dans un style blues/rock avec des amis, mais c'est tombé à l'eau, donc je me concentre sur ces formations. À côté de ça, j'essaie de publier des vidéos en solo sur les réseaux sociaux de temps en temps, et j'ai vraiment pour objectif de rendre cela plus récurrent à l'avenir.
9- Vu la proximité de Nice avec l’Italie, es-tu enclin à te tourner vers le milieu bluegrass italien ? Connais-tu personnellement de jeunes musiciens italiens comme ceux du groupe Blue Weed ?
Oui, c'est vrai que la situation géographique de Nice rend le milieu bluegrass italien très accessible, et c'est une vraie opportunité. Je connais effectivement les jeunes musiciens italiens de cette scène, et notamment Matteo Splash du groupe Blue Weed. Pour le moment, nous n'avons pas encore eu l'occasion d'échanger tant que ça, mais c'est une scène très dynamique vers laquelle je suis tout à fait enclin à me tourner à l'avenir !
10- Envisages-tu de devenir musicien professionnel ?
J'aimerais beaucoup si l'occasion se présentait ! Néanmoins je suis lucide : j'ai le sentiment qu'il y a assez peu d'opportunités dans ma région pour les jeunes musiciens, particulièrement dans le style blues/rock, et c'est malheureusement encore plus difficile pour le bluegrass.
11- Tu joues régulièrement avec des piliers du Bluegrass français comme ton père Marc, des mandolinistes comme Bernard Minari entre autres  et François Vola (guitariste). Penses tu que c’est une chance de profiter de l’expérience de ces musiciens qui sont de fait des passeurs comme le veut la tradition du bluegrass aux USA ?
Bien évidemment ! C'est le meilleur apprentissage et le plus beau partage que l'on puisse imaginer. Côtoyer ces musiciens est extrêmement formateur. C'est l'essence même de cette musique : cela montre que, peu importe son âge ou son niveau, on peut toujours se réunir autour d'un micro et partager une même passion.

Moment d'échange avec Bernard Minari (Uzer Trio, New Blue Quitach) pendant le rassemblement FBMA PACA 2026 organisé par Patrick Brunet
Moment d'échange avec Bernard Minari (Uzer Trio, New Blue Quitach) pendant le rassemblement FBMA PACA 2026 organisé par Patrick Brunet
Jam en extérieur pendant pendant le rassemblement FBMA PACA 2026 organisé par Patrick Brunet
Jam en extérieur pendant pendant le rassemblement FBMA PACA 2026 organisé par Patrick Brunet
Avec le papa Marc et les amis musiciens,  le mandoliniste Christian Klein et Eric Lachasseigne guitariste du groupe Bluegrass Signal Band
Avec le papa Marc et les amis musiciens, le mandoliniste Christian Klein et Eric Lachasseigne guitariste du groupe Bluegrass Signal Band

12- Quand on joue du bluegrass, on regarde vers les USA. Quelles sont tes chouchous parmi les « stars américaines » des différentes générations ? Si tu devais choisir une seule musicienne ou un seul musicien ce serait qui ? 
Je suis plutôt branché "ancienne génération" pour ce qui est du bluegrass. J'écoute énormément de choses comme le Bluegrass Album Band (le Tony Rice Unit), David Grisman, Tony Rice, Ricky Skaggs, Mark O'Connor ou encore Jerry Douglas. Parmi la génération plus jeune, j'aime bien ce que font Sierra Hull, Chris Thile ou Billy Strings, même si j'en écoute un peu moins. Mais si je devais retenir un seul nom, mon chouchou absolu reste Sam Bush. 
13- Quels sont en ce moment tes morceaux préférés en bluegrass ? Comment découvres-tu les artistes américains  ? ( radios américaines, site des artistes, YouTube etc. ) Ecoutes -tu des albums en entier ou papillonnes-tu ? 
En ce moment, mes morceaux préférés tournent beaucoup autour de mes influences : Molly and Tenbrooks, Circles Around Me de Sam Bush, Manzanita de Tony Rice, ou encore des classiques comme Little Sadie et Wayfaring Stranger. Du côté de New Grass Revival, je dirais Can't Stop Now, Reach, Love Someone Like Me ou Revival. Pour les découvertes, YouTube est une mine d'or pour trouver des vidéos de lives, des sessions acoustiques ou des jams. J'aime bien "papillonner" de vidéo en vidéo pour repérer de nouveaux plans à la mandoline ou à la guitare. Cependant, quand l'univers d'un artiste me plaît vraiment, je prends le temps d'écouter les albums en entier pour bien m'imprégner du son.
14- Es-tu u déjà allé aux USA ? (Tourisme, festivals, études ) 
Non, pas encore ! Mais c'est évidemment un rêve en tant que musicien, que ce soit pour le tourisme, pour assister à des grands festivals historiques de bluegrass, ou pourquoi pas pour suivre des stages là-bas à l'avenir.
15-  La question finale concernera l'avenir. Dans les années 80, on dénombrait entre 20 et 30 groupes en France et des musiciens français étaient souvent invités à jouer avec des américains quand ils/elles tournaient en Europe. Certains groupes ont aussi fait des tournées aux USA ce qui n’est pas le cas pour les groupes actuels. As-tu une explication sur les raisons pour lesquelles le bluegrass ne se développe pas davantage en France ou peut être penses-tu que finalement en ce moment ça semble décoller ? De manière plus générale, comment envisages-tu l'avenir et l'évolution de la musique bluegrass ?
C'est une question complexe. Personnellement, je me sens encore un peu en marge du mouvement bluegrass national, même si c'est un réseau que je souhaiterais intégrer et développer à terme. Mon isolement géographique joue sûrement un rôle : Nice est très éloignée de la capitale ou des grands carrefours où passent généralement les musiciens internationaux en tournée. Je trouve qu'il manque cruellement de projets bluegrass portés par la nouvelle génération en France, des jeunes qui pourraient vraiment assurer la relève. Il y en a sans doute, mais je manque peut-être d'informations à ce sujet. Malgré tout, il y a des signaux très positifs : je sais par exemple que les stages dédiés aux jeunes lors du festival de La Roche-sur-Foron rencontrent un franc succès ! L'intérêt est donc bien là. À l'avenir, mon ambition serait de monter un vrai projet bluegrass novateur pour montrer que la nouvelle génération est prête à prendre la relève. Mais pour qu'un tel projet puisse émerger et tourner, il faudra trouver du budget, des ressources et, surtout, de vraies opportunités de jouer.

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